Cherbourg. Une formule innovante dans le handicap lourd voit le jour au 29, rue de l’Ingénieur-Cachin. La résidence Ti’Hameau lui réserve 9 de ses 23 logements dès le mois de décembre.

« C’est un projet exemplaire et innovant qui a demandé quelques années pour le monter, compte tenu de la multitude de partenaires que nous avons eue à convaincre : État, Département, Ville. Mais nous y sommes arrivés, se réjouit Frédéric Lequilbec, délégué départemental de l’association des Paralysés de France. Des jeunes adultes lourdement dépendants vont, enfin, pouvoir commencer leur vie dans un logement ordinaire, autonomes ou presque. »

Des jeunes pour qui vivre en dehors du domicile familial ou d’une structure n’était même pas imaginable. Ti’Hameau s’adresse au handicap moteur : grands accidentés de la route, personnes avec une maladie dégénérative (sclérose en plaques) ou encore victimes d’un gros handicap de naissance. « Douze dossiers nous ont été présentés. Sur les quatre bénéficiaires pour l’instant, trois concernent des jeunes femmes, âgées de 20 à 25 ans, qui étaient au domicile familial. Et le quatrième, un accidenté, actuellement en rééducation à Granville. »

Une longue aventure démarre

« Une longue aventure est en train de démarrer », sourit Daniel Lereculey, président de Presqu’Île habitat. Il a quand même fallu attendre sept ans pour qu’elle puisse voir le jour. Les premiers contacts avec le bailleur ont été pris, rue des Bastions à l’époque, en 2008. Il a d’abord fallu convaincre du bien-fondé, monter le projet et délier les cordons de la bourse.

« En plus, nous avions des exigences. Ce projet innovant en France puisqu’il est seulement le 4e, n’avait de sens que s’il était situé en centre-ville, proche de tout : commerces, restaurants, hôpital, équipements culturels », explique Henri Le Pargneux, dirigeant de Ti’Hameau, un concept d’habitat privatif adapté au manque d’autonomie.

Garantie de l’État

Aujourd’hui, élus et représentants de l’État sont unanimes : « Cette réussite est celle du partenariat. Nous avons montré notre capacité à mutualiser. Nous devons développer ce type de collaboration. Ce sont des enjeux pour lesquels nous devons continuer à travailler. »

La Ville va même apporter la sécurité aux neuf résidents. « Avec les services d’aides à domicile du CCAS (Centre communal d’action sociale), il y aura une présence 24 h/24 et 365 jours/365 pour les accompagner dans leur quotidien en complément, bien sûr, des aides apportées par la Maison départementale du handicap ou des infirmières », précise le maire, Jean-Michel Houllegatte. Une présence indispensable pour remplacer celle de la famille ou des professionnels de structures et rassurer.

« L’idée étant d’offrir un retour à une vie normale qui doit être celle de tout citoyen »,ajoute le sous-préfet, Jacques Troncy. Sept des neuf logements appartiennent d’ailleurs au contingent de l’État. « Une simple garantie pour qu’ils soient toujours attribués à la cause du handicap. »


Source : Ouest-France 

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